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avril 20, 2008

Imperceptible solitude

Le_penseurEloge de la lente heure !

« Thérèse d’Avila, lorsqu’elle faisait à manger pour ses sœurs, veillait à la bonne cuisson d’un plat et concevait dans le même temps des pensées éblouissantes de Dieu. Elle exerçait alors cet art de vivre qui est le plus grand art : jouir de l’éternel en prenant soin de l’éphémère ».

Cette phrase prophétique de l’immense Christian Bobin, m’ouvre à une pensée intérieure qui fait son nid depuis quelques jours en moi. Sans doute ensemencée sur la terre de ma solitude retrouvée, et encouragée à se développer par la découverte de la parcimonie des mots et du calme que je découvre et dont je n’étais, jusqu’à présent, guère familier.

Cette pensée naquit l’autre jour, alors que j’étais assis dans un square, observant le jeu de la vie autour de moi, paisible en mon isolement, goûtant avec délectation ces instants où un furtif rayon de soleil fait l’été, où le rire des enfants me propulse dans le bonheur d’être père et où les amoureux, qui se bécotent toujours sur les bancs publics, esquissent, à leur insu, un sourire sur mes lèvres, dessinant avec une pointe d’ironie, mine de rien, sur le bord de ma bouche les rides de mes anciens amours et le secret espoir d’une rencontre amoureuse pour laquelle j’apprends désormais à me rendre parfaitement disponible.

Les yeux dans le vague et les pensées tournées vers mes mondes intérieurs, mon regard fut soudain accroché par une statue de femme qui ornait ce petit square plein de vie. Une statue en pierre, dont l’impeccable immobilité contrastait avec le vol zélé des pigeons idiots, la valse incessante des badauds, le tourbillon des nuages qui filaient sur Paris comme des hordes de cavaliers mongols aux formes improbables, et la turbulence des enfants encore débordants d’innocence sur ce qu’il leur faudrait bientôt vivre pour prendre leur place dans le monde. Nomades, mobiles, actifs, tout le contraire de cette femme pleine de grâce pétrifiée en son jardin.

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Les pensées sont des fleurs...

Portrait_au_radiateurUne pensée m’est venue l’autre jour, comme une prise de conscience effrayante, soudaine et honteuse. J’ai vu une photo d’un bouquet de fleurs en noir et blanc. Mon regard passa rapidement à autre chose mais une force quasi magnétique, aussi puissante qu’un remord, aussi belle qu’un rire d’enfant me ramena à cette image qui avait été choisie pour illustrer la couverture d’un livre. Je fus arrêté net par la beauté de la composition. On aurait pu croire à un bouquet d’herbes folles mélangées à une poignée de fleurs sauvages. En passant un peu vite, je pensai qu’il s’agissait d’une brassée de fleurs trouvées en plein champ et déposées là, à la va-vite, presque tombées des mains, dans un vase sans importance, dont l’humilité épousait parfaitement l’aspect échevelé et hasardeux du bouquet.
Mais à bien y regarder, je pris conscience de l’exacte place de chaque fleur, de l’impeccable et néanmoins folle harmonie que le plus grand hasard ou la main d’un être sensible avait réussie à obtenir. Je fus sincèrement touché par la beauté fragile de ces fleurs, tournées vers la fenêtre, toutes occupées à une conversation secrètes avec des êtres qui me demeuraient encore invisibles.

Je commençais cette note en évoquant ma stupeur. Et bien, j’éprouvai, en même temps qu’une émotion face à ces fleurs, de la consternation face à mon empressement à butiner les choses et les êtres sans parfois toujours les remarquer. Je me trouvais dans un état, presque tremblant et halluciné, comme un motard qui vient d ‘échapper à une collision de plein fouet avec une voiture et qui a besoin de s’arrêter de longues minutes, tremblant de la tête aux pieds, en prenant conscience qu’il est passé à côté de l’irréparable. À un cheveu !
Et bien je compris, que la beauté et ce sentiment si fragile de se sentir en vie, avaient failli m ‘échapper…à un cheveu prés.

L’objet de ma consternation pris ensuite de l’ampleur et se porta sur une tout autre idée, que la révélation de cette photo fit naître : combien de fois ai-je vraiment offert des fleurs dans ma vie ? Je ne parle pas des dizaines de fois où je suis entré chez le fleuriste et suis ressorti les bras chargés d’un paquet qui recélait d’une composition de fleurs mais qui avait été mis en forme par un professionnel. J’évoque le fait de choisir, soi-même, avec une attention raisonnée et méticuleuse, chaque fleur, de décider de la couleur dominante de l’ensemble, de saisir, de soupeser chaque forme en imaginant comment elle s’intégrera dans l’ensemble qui se dessine sous mes yeux, comme un Chef ferait son marché en choisissant délicatement chaque ingrédient qui se mariera délicieusement aux autres, dans un plat qui honorera les étoiles du Michelin.
Il m’est arrivé de faire un bouquet avec cette conscience de la composition et en approchant ce désir de disposer les fleurs avec harmonie dans un vase, mais c’était il y a longtemps, ce fut trop rare et souvent exclusivement pour moi. Combien de bouquets sont acheté chaque année en France sans plus d’attention que l’empressement que l’on met à régler à coup de carte bleue ce présent que l’on va s’empresser d’offrir, sans marque d’attention, comme on se débarasse d’un pardessus ou qu’on jette son chapeau sur un perroquet. Combien de fois, les convives fourguent le bouquet (et je n’ose parler du bouquet de fleurs déjà composé et pré-emballé, acheté à la va-vite) dans les bras de l’hôtesse de maison, claquement de bises, un « tu vaaaaas biennnnn ? » superficiel, sans attendre la réponse ou un « Et toiiiiii ? ».
Tout cela m’effraie. Rien de plus, mais rien de moins.
Alors je fais le serment ici, devant des milliers de non-lecteurs (je suis conscient de mon audience et de mon « texte-appeal » ;-) que, quand il s’agit d’offrir des fleurs à un être que je connais et que j’aime, j’achèterai désormais avec la plus vive attention des fleurs à l’unité, que je refuserai l’intervention d’un stagiaire CAP-fleuriste de chez Monceau ou un grand professionnel chèrement payé – mais doté de goûts qui ne sont finalement pas les miens ou qui ne correspondant guère avec la personne à qui ces fleurs sont finalement destinées. Je jure que je ferai emballer ce bouquet simplement comme on empaquette des fleurs en vrac ramener de chez un horticulteur . J’aurais pris le soin d’appeler au téléphone la personne qui me reçoit en lui demandant si elle dispose d’un vase et de quelle apparence. Lorsque j’arriverai chez elle, je la saluerai avec une réelle attention. Puis lui demanderai de pouvoir m’isoler le temps de déballer mes fleurs et de lui composer le bouquet que je souhaite lui offrir. Mon cadeau pour elle ne sera pas un montant de carte bleue emballé dans du cellophane et du papier de soie, ressemblant vaguement à un bouquet Aquarelle. Mon présent (au sens « être réellement présent ») sera à la fois les fleurs et leur disposition, mon interprétation ou l’idée que je me fais de mon amie au travers des fleurs. Je lui offrirai, sans doute aussi avec une gerbe de mots pour souligner et accompagner ce bouquet, puis je laisserai les fleurs converser, jouer de mille nuances, batifoler dans le vase, s’ébrouer de lumière, échanger leur impression sur leur nouveau lieu d’accueil et évoquer le souvenir des mains qui les mélangèrent avec une rare et si intense attention. Enfin, conscient et philosophe, je les laisserai vivre leur courte vie, aller à petits pas vers leur mort inéluctable, mais avec cette splendeur si propre aux fleurs, cette intensité de vie éphémère et pourtant éternelle. Comme une étincelle qui aurait la conscience de l’incendie qu’elle contient.

Christian Bobin a écrit une phrase, en regardant, comme moi la puissance infinie des fleurs : « Ce qui fait événement, c’est ce qui est vivant ; et ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte ».

Je viens juste de porter une nouvelle fois mon regard sur cette photo noir et blanc. Elle est impressionnante. Je retourne le livre pour savoir si le nom du photographe est inscrit, comme à l’accoutumée lorsqu’il s’agit d’une couverture. Le nom m’apparaît. Solennel. Immense. Edouard Boubat ! L’un des plus grands photographe du XXème siècle. En un éclair, la photo noir et blanc, ce bouquet simple prennent toutes leur couleurs. Chapeau Monsieur Boubat !

Rappelons nous cette phrase de Riboud : « Photographier, c’est savourer la vie au 1/125ème de seconde… »

mars 24, 2008

Un grand C sur un p'Tibet

Chinemyope Je discutais l'autre jour avec Serge Lama (qui est, comme chacun sait, le frère de Dalaï - enfin demi-frère pour être exact car ils ne sont pas du même père. Celui de Dalaï est Tibétain et fait le métier de Dieu vivant - c'est pas très bien payé mais niveau notoriété, il est au sommet).
Bref, le beau Serge m'informait des problèmes de son demi-frère et des chinois qui se révèlent finalement un peuple assez envahissant. Enfin, plus exactement leurs dirigeants et leurs soldats. Je suis assez avisé en géopolitique pour ne pas confondre un peuple et ses leaders. Dans certains pays, on pourrait même dire que c'est l'opposé absolu, mais souvent, il n'y a plus d'opposition - donc on ne peut pas dire. Ce qui n'est pas le cas de la Chine, pays moderne et sympathique, ouvert au monde extérieur (on appelle cela des "exportations") et un modèle de tolérance. Bien sûr, en dépit de quelques débordements au Tibet (faut dire qu'il ne sont pas pas faciles tous ces montagnards qui prennent leur retraite au fond de monastères mal chauffé - les chinois vont leur montrer de quel bois ils devraient se chauffer), je note qu'aujourd'hui un étudiant chinois vient de se faire condamner à 5 ans de prison pour avoir fait paraître une lettre dénonçant le manque de liberté d'expression soulignant "qu'ils avaient davantage besoin de liberté que de jeux olympiques"! Et pan, five years en tole.
Vu la gentillesse du patron du restaurant chinois en bas de chez moi (je veux pas faire de généralités!) mais il doit s'agir d'une bavure de la justice chinoise. Il sont adorables les chinois, ne créent aucun problème dans le XIIIème arrondissement (faut dire qu'il n'y a pas de Tibétain) et Ségolène nous a assuré que leur justice était mieux que la notre. Enfin c'était avant Rachida!

Bon si je comprends bien, les chinois ne seraient pas ce qu'ils paraissent être. Il feraient actuellement marcher quelques voisins montagnards à la baguette, histoire de montrer aussi au Taiwanais qu'ils n'ont qu'à bien se tenir, eux aussi.

En cette période de Pâques où la résurrection d'un petit pays pacifique est à la une des journaux, la question est de savoir s'il faut ou non "Boycotter" les oeufs olympiques! Et bien moi, je propose une mesure radicalement plus forte. Et si on arrêtait tous de consommer des produits chinois, chacun à notre petit niveau, avec nos billets de 20 euros en guise de bulletin de vote, réorientation du pouvoir d'achat vers des produits européens, histoire en plus de rétablir le déficit extérieur (le déficit extérieur c'est de l'argent qui manque mais qu'on avait mis en sureté dans un coffre au Lichtenstein).

Il faut un jour arrêter de tout attendre d'un gouvernement, d'un président de la république ou d'un machin bien lointain et protéïforme qu'on appelle l'Europe. Ce matin, 53% de mes concitoyens (remarquez que j'ai bien pris le soin de l'écrire - encore - en un seul mot!) sont favorables au boycot (accrochez-vous!!) par Nicolas Sarkozy de...la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques. Et bien, ça va leur faire une belle jambe aux chinois, hein?.... Bien sûr, si en plus Carla ne se rend pas à une seule compétition, alors là je dis bravo! Ce serait proche de la dissuasion nucléaire;-)

Le pouvoir de changer le monde appartient à chacun de nous. C'est le principe même de la démocratie, la force du minuscule, la beauté d'une seule voix, une fleur tendue à des CRS, un étudiant seul capable d'arrêter un char, le pot de taire contre le pot de vin.

Et n'allez pas croire que je Nem pas les chinois. J'ai lu "quand la Chine s'éveillera", et bien je dis juste que ces temps-ci elle ferait mieux d'aller se recoucher, et en tout cas d'arrêter de faire son lit sur le Tibet.

En résumé: La Chine a décroché par avance la médaille de Bonze et l'Europe qui ne vise que l'Argent est convaincue que le Silence est d'Or!

PS: Je me demande si le tibet n'aurait pas intérêt à boycotter lui aussi les jeux Olympiques... Faut que j'en parle à Serge!

février 16, 2008

Le silence des sentiments

Kenna


Il m’arrive parfois d’aller jusqu’à la mer, seul, juste pour accrocher mon regard à l’horizon, pour faire retraite au fond de moi. Je ne crois pas être unique. On a tous notre manière, parfois secrète, d’aller à la rencontre de la part inconnue qui continue de sommeiller en nous. Cela est aussi une manière de rebrousser chemin, de revivre un passé qui n’est plus comme pour mieux y trouver la force et l’intelligence de vivre un présent qui passe toujours trop vite.
On se perd dans cette fuite inexorable de l’océan qui se confond avec le ciel, fusion magique de bleus ou de gris. Le monde du liquide et l’espace du gaz fusionnent pour absorber nos pensées intimes. L’eau s’évapore dans le lointain pour donner au ciel, qui se charge de nuages, l’occasion de lui inventer la pluie qui finira par tomber inéluctablement, en un cycle millénaire et obstiné, pour remplir les rivières du souvenir, se jeter dans des estuaires de nostalgie pour charrier jusqu’à la mer, les limons lumineux de nos plus beaux souvenirs. Comme le temps qui s’évapore et qui retombe sur l’esprit de certains êtres, sous la forme d’une dépression ou d’un sourire voilé.

On pense alors à tous ces vides qu’on a laissé derrière soi, tout ce mutisme, toutes cette distance mise entre soi et ceux qu’on aime, à tous ces monceaux de silence qu’on remplit avec du rien et des frivolités nerveuses. Tout ce temps consacré à l’accessoire, à l’oubliable, au futile, au si « peu-important » qui remplissent si commodément nos jours, nos mois et nos années. On pense à ce fatras de préoccupations qui ne sont pas l’essentiel, comme si nos jours n’étaient pas comptés, comme si le temps était une ressource éternelle et l’amour une énergie renouvelable.
On pense à l’absence, à tous ceux que l’on appelle les proches et qui sont finalement si lointains. On pense à toutes ces phrases que l’on voudrait prononcer, à ces mots que l’on aurait du dire à ceux qui sont partis trop tôt, à ces « je t’aime » qu’on a déposé trop tard sur le souvenir des êtres chers, mais qu’on laisse finalement échapper quand la chair fait justement absence.

Au beau milieu du Paradis sur Terre, inondé de soleil et de beauté à croquer, on voudrait être généreux de notre propre bonheur mais c’est curieusement nos excès de parcimonie qui ressurgissent avec une pointe d’amertume et un surcroît de lucidité. Je prends conscience de notre propension si humaine à l’économie des sentiments, à l’épargne excessive que l’on fait de toutes ces preuves d’amour, que l’on thésaurise sans jamais les montrer. On amasse, toute sa vie, des bas de laine de louables intentions et des désirs de générosité à l’égard de nos amis. On se garde de faire des déclarations d’amitié comme d’autres savent si bien faire des déclarations d’amour. On passe son existence à penser à des choses précieuses qu’on aimerait dire ouvertement à ceux qu’on aime, des joyaux de sentiments vrais, des éclats de diamants jaillissant de moments d’émotions rares, des choses parfois simples en apparence mais qui prennent une valeur inestimable pour celui qui les reçoit.

Bref, tant de trésors de fraternité ou d’amour que l’on terre, par pudeur, oubli, étourderie ou inattention, au fond du coffre-fort de nos pensées secrètes. Il vient toujours un moment dans l’existence où l’on comprend cela. Parfois cette prise de conscience arrive bien tard, et on prend alors conscience de l’urgence de dire les choses. Car trop de gens s’en rendent compte trop tard. Ils portent, un jour, le magot en banque comme un joueur irresponsable viendrait réclamer le change de ses jetons en petites coupures, pour s’apercevoir un peu tard que le caissier est déjà à l’état de squelette derrière son comptoir, que le croupier fut foudroyé, il y a belle lurette, par l’ironie du sort et que le Casino est devenu, à son insu, une marque de supermarchés.

Le bonheur c’est sans doute aussi savoir éviter cette banqueroute affective, en égrenant des preuves d’amitié aux gens qui ont vraiment de l’importance.

Credit photo: Michael Kenna

mai 22, 2005

Bouquet de pensées

Sieff05

- Ce jour m'a-t-il apporté ma part de bonheur ?

- Que voient les autres ?

- Nommer, c'est définir.

- Dieu est le Père Noël des grands

- En politique, nous sommes ambidextres: ma femme est adroite et je suis extrèmement gauche

- Etre le premier, c'est accepter d'être seul

- Je suis beaucoup trop matisé !

- Je me retire avec volupté dans les champs fertiles de mon esprit

- C'était un homme paradoxalement en avance sur son temps mais perpétuellement en retard à ses rendez-vous

- Pourquoi l'arrière des églises sent-il toujours l'urine ? Pourquoi donne-t-on rendez-vous derrière l'église pour vivre ses premiers flirts ? Pourquoi dit-on alors: peace and love ?

- Quand je vois les films de Fellini, je me dis que ce sont les italiens qui ont inventé l'Airbag et les allemands qui l'ont appliqué à l'automobile

- J'aimerais être assez riche pour pouvoir me racheter. Toutefois, je crains de ne pouvoir supporter d'être un vendu !

- Il est des matins plus doux que d'autres où je reprends force dans l'aube de ton regard

- Mon amour propre se limite à la masturbation sous préservatif

- Il faut se méfier des gens qui nous habitent !

- La magie ? C'est pas sorcier.

- Je voudrais transformer les sans ciel, en essentiel

- En amour, je paie toujours avec de la monnaie de songe

- La valeur d'un homme se mesure moins par la profondeur des rigoles qui irriguent le feu de son regard que par la beauté des rêves auxquels il n'a pas encore renoncé.

- Le sens de l'honneur ne fait pas légion. Mais peut éventuellement se prendre par le bras

- J'admire la puissance d'une petite fleur comme toi

- Démontrer c'est démonter

- Je suis Gentlemaniaque

- Quand je dis "l'Homme", j'embrasse la femme

- Les guerres mettent le monde dans tous ses Etats

- Je suis un con, damné à mort !

- Dehors, il tombait des hallebardes. A l'intérieur, ses yeux lui lancaient des couteaux. Alors, il la regarda d'un air désarmant et s'en sortit avec une blessure à l'âme et le départ tonitruant de la dame.

- T'as fait quoi comme études ? J'ai fait la vie, mention passable.

- Le Ministre de la Culture est une tête de l'Art

- La prostitution est le cash sexe de la sexualité

- J'ai connu un insomniaque qui rêvait... qui rêvait de dormir !

- Un cancéreux du poumon est un né clopé.

- Pouvoir durer comme un Rolling Stones. Pierre qui roule...

- Je te ferai une salade de trèfles avec des marguerites à cinq pétales

- Dans le sexe comme en bourse, pas d'obligation de passer à l'action

- Chacun a en lui un insomniaque qui sommeille et qui ne demande qu'à éveiller nos soupçons

- Un dictateur, c'est un homme qui fait régner une telle terreur, qu'on devrait plutôt l'appeler "dis qu't'as peur !"...

- A la question "es-tu heureux" posée par l'un de mes semblables, je peux répondre que j'oscille entre un bonheur inégalé qui enveloppe le plus clair de mon temps et des pics insurmontables de découragement à devoir subir les autres et leur fatras de petitesses.

- Un avion passe haut dans le ciel, gravant l'azur implacable de ses ailes d'argent. Filant insouciant vers son lointain, une fine et précise trainée lui succède comme une flèche de coton dont il est la partie incisive. L'arc-en-ciel, quant à lui, se fait attendre.

Extraits de "Pensées personnelles" (Frédéric Pie)

Photo: Jeanloup Sieff

mai 18, 2005

Les cons...

Thomas01 Pensée personnelle du jour:

J'ai connu des cons qui avaient leur licence, d'autres qui avaient leur maitrise.

Avec l'experience je peux dire que les cons ça ne se maitrise pas, ça se licensie...

février 20, 2005

A quoi aspire une femme de ménage ?

Gilian_anderson_aspirateur

L’attrait pour les femmes de ménage qui passent le soir dans les bureaux, corps étrangers à l’univers quotidien et survolté, annonciatrices de l’heure du répit des débuts de soirées, personnages fantomatiques qui errent de salles propres en meubles sales, d’idées noires en salles blanches, à la recherche des rebuts et des crasses laissés par les insouciants du jour.

Je dois avouer une certaine attirance, une sympathie pour ces femmes qui ne se ménagent pas, êtres furtifs qui colportent avec eux le souci de netteté, époussetant les objets les plus en vue, en insistant sur le combiné du téléphone, le dessus des dossiers, la tranche et le rebord des bureaux comme pour effacer les indices compromettant de la journée inutile qui vient de s’écouler.

L’une traîne son fardeau de soucis dans un sac poubelle noir, l’autre tente vainement de dompter, chaque soir en maugréant des jurons d’un autre continent, un aspirateur incapable de filer droit.

J’aime ces bataillons de femmes simples à qui l’on adresse un bonsoir poli, un sourire, un mot de gentillesse comme pour s’excuser d’être encore là à fournir du désordre, mais un peu fier de jouer les importants. Commando de nettoyeuses plus ou moins consciencieuses, bavardes impénitentes qui livrent des bribes de leur sale vie à qui veut bien les écouter. Elles se racontent de ci, de là, à une collègue confidente, à un vigile qui, comme elle, traque les courant d’air.

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janvier 28, 2005

Du balais !

E2_640x480    Le monde de l'Internet, dans lequel j'évolue depuis maintenant dix ans, ne cessera décidément jamais de me surprendre...

J'ai découvert un site consacré exclusivement aux WC du monde entier ! Yes, les Water Closed... Allez, le voir cela vaut le déplacement comme ils disent au Michelin. Un site trois étoiles, drôle et impertinent, sur un sujet tabou que l'on fréquente tous pourtant assidument.

Alors, en hommage à ces gens qui ne se prennent pas au sérieux et qui voient l'humanité par le petit bout de la lorgnette, voilà un petit texte écrit il y a quelques années sur un drôle d'accessoire, dont le maniement reste malheureusement trop ignoré: le balai à chiotte !

Le balais à chiotte attend inflexible la sollicitation du client indélicat, figé tel un domestique en sa servile rectitude.

Inexorablement planté entre l’huis et la plainte, coiffé en brosse comme le vigile de la propreté, le militaire de corvée aux cheveux courts et idées drues.

Raide et vulgaire, discret et impassible, il patiente dans l’ombre d’un cabinet de toilette, tout entier dédié à son unique vocation de fouille merde, de « reluiseur de cuvette », espérant qu’on vienne l’extraire de son récipient fangeux, pour le plonger dans l’eau claire d’un « vécé ».

Tournant sur lui-même, grattant, récurant en une suite de mouvements circulaires, décapant, frottant et nettoyant avec la conscience aléatoire que lui impose son bras droit, il polit la blanche faïence pour la débarrasser de sombres et douteuses traînées de fiente.

Il existe chez les balais à décrotter une subtile hiérarchie, non pas que leur rang provienne d’une quelconque particule de noblesse ou que leur appartenance à une maison de haut standing permette d’en déduire le moindre lien aristocratique. Le distinguo qu’il convient d’effectuer entre les différentes brosses à récurer les étrons ne se fonde donc pas sur une lignée ataviquement transmise de balais en balais tout au long des générations – puisque comme chacun sait les plumeaux à caca ne se reproduisent pas !

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janvier 03, 2005

Vœux pieux et technologiques…2005

Olivier_grunewald_5 Tant de gens vont nous souhaiter en des termes convenus une bonne année, pleine de bonnes choses, en commençant par des sentiments mièvres et des phrases automatiques.

Alors, à une époque de vœux en rafale, de texto dilapidés par mailing-lists programmées, dans le flot des SMS ou des e-cards dégainés à la cantonade, je m’interroge sur ces mots trop vite prononcés, sur ces « Bonne Année ! » décochés comme on dirait « ça va ? » sans attendre la réponse. Pourquoi ne pas adresser des vœux pluriels, des « bonnes années » achetées par paquets de douze avec la treizième gratuite, ou une « bonne vie, bonne santé, plein de bonheur et tout le tintouin… », évitant ainsi le simulacre et les obligations à répétition.

On me répondra qu’il s’agit d’une tradition, d’un rite, d’un automatisme rendu plus facile, presque plus indolore avec les nouvelles technologies.

J’acquiesce.

Simple question de calendrier et de découpage du temps, tout simplement…

Le 1er janvier à minuit, une partie de l’humanité exulte en un simulacre parfaitement reconstitué. Pendant 5 minutes on s’embrasse, on se tapote le dos, on se souhaite le meilleur du meilleur, sans trop y croire. Pourvu que ça arrive. Et puis ça va mieux en le disant.  On se lèche les babines avec le regard en coin, on change de partenaire et on remet ça.

A 0h05, on dégaine nos portables et on essaie vainement de contacter nos proches qui sont pourtant si lointains, pour leur souhaiter nos espoirs et nos souhaits. On vilipende France Télécom, ou Cégétel qui ne connaissent pas Bisou Futé en ces instants cruciaux. On vitupère les dieux inscrits aux abonnés absents. On s’échine à passer sur la voie d’arrêt d’urgence des nouveaux autoroutes de l’information. On tapote fiévreusement des numéros de téléphone injoignables pour transmettre des mots en guimauve, composant nos espérances sur des claviers si peu ergonomiques à nos bons sentiments.

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La goutte d’eau solidaire

Clip_image002 Il est touchant et quelque peu encourageant de constater ce raz de marée de solidarité occidentale qui succède à ce terrible tsunami qui vient de ravager une dizaine de pays asiatiques. Une grande marée de bonnes intentions, de gestes d’humanité, de générosité et de dons qui arriveront, espérons-le, jusqu’aux victimes ultimes, sans fuite dans les rouages irresponsables ou corrompus de grandes organisations internationales.

Il est dommage qu’il faille 150 000 morts et plus de 5 millions de sans abris pour susciter un tel sursaut d’humanité et une si salvatrice prise de conscience.

Pour combien de temps ?

Le fait qu’une telle catastrophe soit survenue en période de fêtes a certainement justifié l’ampleur de la générosité.

Certains essaient d'expliquer leur inaction en déclarant que leur don ne serait qu’une goutte d’eau bien inutile dans un océan de besoin inassouvis. Si cela peu soulager leur bonne conscience et excuser l'attitude de l'autruche...

Mais certaines gouttes d’eau suffisent à faire déborder des vases d’injustices ou d’inconscience.

J’en reprendrai bien une goutte, pas vous ?