Au coeur des turpitudes, dans l'oeil du cyclone, arc-bouté face aux pires tempêtes à venir, essayant de calculer vainement les risques à prendre, debout face aux combats les plus rudes, soumis à des pressions incessantes, confronté à l'érosion inéluctable des plus belles idées et des rêves à défendre, petit fétu de paille persuadé de son heureux destin et ignorant l'approche de terribles chutes, bref, dans les pires moments de l'existence, j'apprends cette formidable technique du lâcher-prise, devenir inconsistant, insensible, prendre du recul, considérer les évènements avec beaucoup de hauteur, se projeter dans le temps et imaginer l'insignifiance des problèmes présents, comparer sa vie avec celle des milliards d'individus qui luttent et survivent de part le monde. Alors, pour m'accompagner dans cette prise de distance (et d'humour), je pense inexorablement à cette sublime phrase:
"Il n'est de situation si difficile qu'une totale inaction ne puisse résoudre!"
Si ça n'est pas de la sagesse ça!
Alea Jacta Est
Il y a un an maintenant, le milliardaire américain Warren Buffet, le deuxième homme le plus riche au monde et certainement l'un des plus riches que la terre et l'histoire du capitalisme aient jamais connu, défrayait la chronique en annonçant qu'il léguait, de son vivant (le geste mérite d'être souligné;-) 85% de sa fortune, dont 31 milliards de dollars à la seule fondation de Bill & Melinda Gates, pour oeuvrer sur de multiples fronts, tous consacrés à endiguer des pandémies, à combattre l'illetrisme, à développer l'enseignement dans les pays en voie de développement (même si certain sont collés depuis plusieurs siècles sur cette fameuse voie du développement). Bref, cela vaut bien un anniversaire et un hommage qui doit constituer un sacré exemple pour nous aider à définir le mot Partage, au cas où la lettre P serait absente de nos dictionnaires. Je ne résiste pas à cette petite phrase qu'il a cité pour expliquer pourquoi il était contre l'héritage et la transmission aux générations suivantes d'une fortune excessive:
"Il serait absurde de choisir l'équipe olympique de 2020 en sélectionnant les fils aînés des médaillés olympiques de 2020!"
Rappelons cette devise d'Andrew Carnegie, l'un des premiers millionaires-bienfaîteurs américains, qui lui-même légua 350 millions de dollars...en 1919! "Un homme trés riche doit laisser assez à ses enfants pour faire quelque chose mais pas assez pour ne rien faire".
Je reste persuadé, à titre personnel et ayant connu le manque d'argent, puis ses excès, puis la perte de cet argent, que la fortune est un bon remède contre l'infortune ! Même s'il ne fait pas le bonheur, bien que certains croient encore que le monde appartient à ceux qui se lèvent...de bonne heure.
PS: C'est une connerie, disait Jean Yanne, regardez les éboueurs;-))
Allez, je retourne au turbin...
Bien que ce blog ne soit pas souvent mis à jour, j'en profite parfois pour prendre quelques minutes sur mon emploi du temps débridé, pour jeter quelques phrases lues et retenues, quelques mots plus beaux ou plus vrais que les phrases banales dont on s'abreuve quotidiennement, jeux de mots, pensées ou aphorismes glanés de-ci, de-là au hasard de mes lectures, qui continuent de briller dans la pénombre de ma formidable capacité à tout oublier. Mots que je note sur ce blog, à l'accès public comme pour mieux les partager avec ceux qui, par opiniatreté ou par curiosité, viendraient à parcourir ces quelques pages virtuelles.
Je butinais il y a quelques temps une jolie interview, dans les Enjeux-Les Echos, sur le thème de l'aventure ou Jean-Louis Etienne, l'explorateur polaire, a répondu cette formidable chose à la question:" Y-a-t-il un moyen d'enseigner aux enfants le goût de l'aventure".
Jean-Louis Etienne: " Je fais, comme nous tous, des conférences dans les classes. Je leur explique que, si je suis "le champion du monde des mecs qui se caillent le plus", ce n'est pas parce que j'étais exceptionnellement résistant. J'y suis allé essentiellement avec ma tête, pour 70% au moins, et les 30% dans les jambes... C'est cette persévérance qui m'a construit. On se construit, non pas sur des frustrations, mais sur les choses que l'on a terminées, qui vous font progresser en audace, en confiance. Face à des enfants, je leur demande toujours qui a commencé un modèle réduit de bateau ou d'avion et ne l'a pas achevé?
A ceux qui lèvent le doigt, je dis: "Rentre chez toi, termine ton avion et ta vie va changer!" C'est le même message à destination des adultes."
Just superb, isn't it ?