"Ce n’est pas sa beauté, sa force et son esprit que j’aime chez une personne, mais l’intelligence du lien qu’elle a su nouer avec la vie."
Christian Bobin
C'est drôle comme j'ai parfois l'impression que tout est dit et qu'il ne me reste plus rien à écrire. Christian Bobin écrit des livres d'images, avec des mots.
Il collectionne les couleurs, agglutine patiemment la lumière des jours pendant que nous avons le dos tourné, et les glisse à notre insu entre la page blanche et l'encre noire.
Il forge des métaphores qu'il nous offre en gerbes splendides comme ces jets de feux qui jaillissent des hauts fourneaux. Mais on ne retient que les étincelles et ses lunettes noires. Il est le forgeron des phrases carrées.
Il est un artisan de la poésie en prose. Il invente pour nous la proésie en pose!
On ressort de ses livres avec de la légèreté, en ayant fait provision de bonté, avec ce respect fugace mais essentiel qu'éprouve toujours l'élève après avoir rencontré son maître. Cela fait toujours ça quand on percute la beauté des mots, quand on tombe dans un puits de lumière, quand les pétales agonisants des tulipes sèches appellent, à notre place, un livreur d'Interflora, quand un auteur nous a retiré avant qu'on le sache les mots de la bouche pour les jeter au travers d'un livre qui ne parle que de nous. Avec Christian Bobin, la part la plus humaine qui est en nous se perpétue et nous rend, malicieusement, immortel. Merci Monsieur Bobin!








